Par
Jacques HUBERT
La Salle
St Charles
la Forêt
II était une fois une grande forêt qui
recouvrait la
majeure partie de l'espace compris entre Grez-en-Bouère et
Meslay-du-Maine.Cette forêt qui appartenait alors au Duc Charles de la Trémoille,
Seigneur de Lavai, fut abattue pour les besoins de la flotte maritime royale.Son vaste territoire défriché parut propice à la fondation d'une
paroisse de plein exercice.
C'est alors, nous rapporte la chronique, que «
mu de piété, ce Seigneur fit bâtir une
église en l'honneur de Dieu, sous le
patronage de St Charles Borromée dont il
porte le nom ».
Ceci explique
l'origine et le nom de notre St Charles la Forêt.
L'emplacement choisi est précisément l'endroit où
nous nous trouvons aujourd'hui, au croisement des grands chemins de Ste Suzanne
à Château-Gontier et de St Denis d'Anjou à Lavai. La première pierre
en fut posée le
C'était une construction modeste qui ne comprenait que la nef et un
chœur semi-circulaire, avec un
clocher sur le milieu de la charpente.
Le premier Curé résident nommé à St Charles fut
l'Abbé Claude Poisson. Il y exerça son ministère pendant 20 années, au
cours desquelles il célébra 90 mariages, 392 baptêmes et 256 inhumations. Sans
doute la qualité de la construction de l'église laissait-elle à désirer, car
dès 1724, nous la voyons tomber en ruines.
C'est alors qu'un généreux donateur
s'engagea, sous réserve d'une aide du
Comte de Lavai, à entreprendre les réparations nécessaires ainsi
qu'à rallonger la nef de 20 pieds et d'y ajouter un pignon massonal à chaux et
à sable dans lequel il ferait la porte principale et une fenêtre.
Le
Il sut gagner la confiance et l'affection de ses
fidèles qui en firent le premier Maire élu
de St Charles. Survint la Révolution : n'ayant accepté de prêter
serment au nouveau régime qu'en ce qui n'était pas contraire à la religion, il
fut hélas rapidement inquiété et contraint à l'exil en Angleterre où il mourut
à l'âge de 60 ans.
Pendant 8 années terribles, le culte et les sacrements continuèrent
cependant d'être assurés par d'autres prêtres qui, bravant tous les risques,
officiaient clandestinement. Leur seule chance était la ferveur dont les
entourait la population. Parmi ceux
là, l'Abbé Roussin qui, en 1800, sera
officiellement appelé à succéder à M. Renusson.
Il y demeura jusqu'à sa mort en 1811, après laquelle ses
paroissiens ne manqueront pas d'associer sa mémoire à celle de leur cher Curé Renusson.
Cette même année, l'Abbé Jean Bouvier, alors professeur de
philosophie à Château-Gontier, vint à St Charles pour y célébrer un baptême.
Après de fortes études classiques, puis théologiques, il était entré au
Séminaire d'Angers et le
Remarqué de l'Evêché du Mans,
il est appelé à enseigner la
philosophie au Séminaire du Mans, et c'est bientôt la chaire de théologie qui
l'attend.
En 1819, il est nommé supérieur de ce séminaire, responsabilité à
laquelle 1 an plus tard il devra ajouter celle de Vicaire Général de l'Evêque
du Mans. Enfin, le
Entre temps, la cure de St Charles devenue
vacante à la mort de l'Abbé Mimart, il y
fit nommer l'un de ses anciens élèves
qu'il avait particulièrement remarqué, l'Abbé Michel Le Royer.
Très entreprenant, celui-ci s'occupa très vite de reconstruire le
presbytère et de procéder à d'autres aménagements, mais son rêve majeur est de réparer et d'agrandir l'Eglise.
Le
La mise en place de cet autel amena la découverte de cette fameuse plaque de cuivre, gravée aux armes des Seigneurs de Lavai, et portant une inscription en latin, dont voici la traduction :
Le Le premier de ses soucis fut de parer à la dégradation de l'église déjà rongée par l'humidité : le pavage du chœur ainsi que la nef étaient marqués de moisissure et le bel autel lui-même en avait souffert.Un sondage permit de constater que le pavage avait été réalisé sur des décombres anciens mélangés d'argile. Il fallut donc ôter tout ce substrat sur 1 mètre de profondeur, pour le remplacer par une couche de pierres saines. Avec l'aide de paroissiens dévoués, l'histoire se répétant souvent, le curé prit une part active à ce déblaiement. Quant au repavage, œuvre de spécialiste, il fut réalisé par le « père » Lyon, maçon à St Charles la Forêt.Les difficultés techniques sont une chose, les financières en sont une autre, et récurrente de surcroît : les responsables ecclésiastiques d'abord, les autorités municipales ensuite, depuis la loi de 1905, en ont fait, et en font, la lancinante expérience.
Telle
que, réhabilitée par l'Abbé François Le Royer, l'église fut inventoriée le
mercredi
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