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Comment se confesser ?
Quelques conseils donnés par
Henri CALDERI, Pardon, source de vie -
Pourquoi et comment se confesser, Ed° Saint-Paul, Paris, 1992, 79 pages,
p.51-57
Un danger guette la
confession fréquente : la routine. Il
arrive alors qu'on se décourage parce qu'on ne sait plus quoi dire. On a l'impression de toujours répéter les
mêmes choses et que ça ne change rien.
Et pourtant, la confession fréquente est indispensable au chrétien qui
veut suivre le Christ de près, approfondir sa vie en Dieu et son amour
fraternel. Pour qu'elle soit profitable
au maximum, permettez-moi de vous suggérer quelques conseils pratiques pour un
renouveau de ce sacrement dans votre vie. Je ne vous indique pas une méthode,
mais un esprit qui vous permette de vous ouvrir au maximum au don de Dieu.
1. Avant de vous mettre à examiner votre conscience, commencez par
prier l'Esprit Saint et contemplez longuement l'Amour du Père. Se confesser ne consiste pas d'abord à
apporter des péchés à Dieu, mais c'est, avant toute chose, aller à la rencontre
d'un Père qui nous aime et qui nous attend. C'est lui apporter toute notre vie,
ce qu'il y a de bon et ce qu'il y a de mauvais.
Regardons Marie-Madeleine:
«Parce
qu'elle a montré beaucoup d'amour,
ses nombreux péchés lui sont remis.» (Lc 7, 47).
Elle est pardonnée, non parce qu'elle a fait
une accusation parfaite de tous ses péchés,
mais parce qu'elle a beaucoup aimé. Avant de faire la
comptabilité de nos péchés, prenons donc le temps de nous laisser aimer par
Dieu et laissons notre cœur se remplir de confiance et d'amour envers Lui.
2. Quand cela est fait, examinez simplement votre conscience, soit en
vous servant d'un examen de conscience, soit en prenant l'un des textes
bibliques (Les
10 commandements,
ou
la Parole de Jésus).
Confrontez votre vie aux exigences de l'Evangile. Lisez ce texte, réfléchissez, priez et vous
découvrirez petit à petit ce qu'il y a à changer dans votre vie et dans votre
comportement. Et quand vous irez vous
réconcilier, si le prêtre en a la possibilité, lisez ensemble le texte biblique
que vous avez choisi comme base d'examen de conscience. Partagez cet évangile avec lui, faites votre
confession et continuez votre action de grâce après la Réconciliation, en vous servant de ce texte.
3. Voici encore une suggestion qui semble très utile à
plusieurs. Comme on ne vit pas avec ses
péchés, il arrive souvent qu'au moment où on désire s'en confesser, on ne s'en
rappelle plus. Pour pallier cette
difficulté, beaucoup de chrétiens ont pris l'habitude de mettre par écrit, jour
après jour, les fautes principales qu'ils découvrent dans leur vie. Je pense que c'est là un excellent
moyen. Quand vous irez vous confesser,
il ne vous restera plus qu'à prendre votre papier et à partager simplement
votre vie pour la mettre tout entière dans la miséricorde du Père.
4. Il faut faire confiance à Dieu. Nos péchés ne l'intéressent pas.
Ce qui compte pour lui, c'est l'amour qu'il y a dans notre coeur. Il est plus
important de croire à sa Miséricorde qui pardonne tout et qui va même jusqu'à
payer nos dettes, que d'avoir la certitude que nous avons tout dit. Tout ce
qu'on a désiré mettre dans son pardon est pardonné, même si on a oublié quelque
chose. Quand Dieu pardonne et qu'on a
voulu tout lui dire, tout est pardonné.
Ce que Dieu ne pardonne pas, c'est ce qu'on lui cache volontairement.
Alors rien n'est pardonné.
5. Il est bon de prier pour le prêtre qui sera l'intermédiaire de
votre réconciliation et demandez-lui aussi de prier avec vous. Le prêtre, au
moment où il pardonne, participe à la paternité de Dieu. N'ayez pas peur de
faire appel à cette paternité et il sera sans aucun doute pour vous un
instrument merveilleux au service de l'Esprit Saint.
6. Quand on se confesse fréquemment, pour éviter que toutes nos
confessions soient identiques et pour que notre conversion soit réelle et
efficace, il est nécessaire de prendre une résolution, un point précis sur
lequel on va porter son effort de conversion. Dans la confession suivante, on
demandera d'abord pardon pour les manquements que l'on a constatés sur ce point
précis et ensuite pour toutes les autres fautes volontaires dont on est
conscient au moment où l'on se confesse. Si.on ne prend pas un point précis, on
reste dans le vague et on ne progresse pas. Ce point me paraît très important.
C'est souvent l'occasion de réparer et de croître dans une vie chrétienne plus
authentique. Soyez réguliers dans vos réconciliations.
7. Pour bien se confesser, choisissez le moment où le prêtre est le
plus disponible. N'allez pas forcément les veilles de fêtes! Et,
personnellement, je trouve qu'il vaut la peine de se confesser dans un dialogue
fraternel avec le prêtre, afin qu'il puisse non seulement écouter vos péchés,
mais vous aider à prendre conscience des vraies racines, des causes réelles de
vos fautes. Étant donné que les prêtres sont de moins en moins nombreux et de
plus en plus occupés, préparez soigneusement vos rencontres de Réconciliation
afin de ne pas accaparer inutilement le prêtre qui vous accueille. Cela fait,
n'hésitez pas à demander aux prêtres de vous donner ce temps. Ils ont le devoir
de vous l'accorder. C'est si beau la réconciliation avec Dieu et pour le pécheur
et pour le prêtre!
8. Je vous conseille aussi de
participer aux liturgies pénitentielles où sont développés des examens de
conscience collectifs. Cela évite la
routine et aide à découvrir la dimension sociale du péché, ainsi que la nécessité
de se réconcilier en Église. Préparer son examen de conscience ensemble, sur la
base d'un texte évangélique, est un excellent moyen de se laisser interpeller
par la Parole de Dieu.
9. Rappelons-nous encore que la confession peut être difficile et
qu'on ne sent pas toujours cette joie de la libération, surtout quand la
réconciliation est le point de départ d'une conversion exigeante et parfois
douloureuse: une rupture à opérer, une liaison à rompre, une décision lourde de
conséquences à prendre, la peur de sa faiblesse, etc. Dieu ne demande pas de «pleurer» ses péchés,
mais de «changer» son coeur. Dieu pardonne même si nous ne « sentons» rien,
même si nous avons l'impression que nous n'arrivons pas à regretter notre
péché. Demandons humblement au Seigneur d'être toujours vrais et clairs dans
nos réconciliations. Nous n'avons pas à avoir honte de nos péchés. Dieu n'a pas
honte de nous. Il nous aime, même dans notre péché. Ne laissons pas Satan nous enfermer dans le
silence et la honte.
10. Il me semble enfin que, quelle que soit la forme ou la manière de
nous confesser, chacune sera bonne dans la mesure où on prend la chose au
sérieux. Tous ces conseils ne sont pas exhaustifs, et il ne faut pas croire
qu'une confession n'est pas «réussie» s'il manque tel ou tel point. Dieu seul sait si une confession est bonne ou
non. Ce qui est important, c'est la foi et l'amour avec lesquels on s'approche
de la miséricorde du Père et le désir sincère de conversion qui nous anime.
Alors, la confession fréquente ne sera jamais une routine, mais un moyen, sans
doute toujours difficile, mais efficace, de nous faire grandir dans «la
sainteté, la paix et la joie».
Une suggestion:
Il
est bon, dans la mesure du possible, de rencontrer toujours le même
prêtre. Nous connaissant mieux, il
pourra mieux nous aider à avancer. Il
faut pour cela que nous soyons très ouverts avec lui. Si
à chaque consultation, pour la même maladie, nous changeons de médecin, nous
risquons bien de ne jamais guérir. Il en
est de même pour la confession. Il est
clair que si nous allons nous confesser uniquement pour nous « débarrasser de
notre misère », comme on jette les déchets dans une poubelle, on peut bien
changer chaque fois de confesseur. Mais,
si nous envisageons ce sacrement comme une rencontre et un approfondissement de
notre vie chrétienne, il est préférable de rencontrer toujours le même prêtre. A
ce sujet, il n'est peut-être pas inutile de souligner la possibilité et la
valeur, dans le cadre de la Réconciliation individuelle, de l'accompagnement spirituel. Je pense que cet accompagnement trouve
parfaitement place à l'intérieur du sacrement de la Réconciliation.
C'est un moment privilégié de vérité et de lumière où le prêtre peut nous
aider à discerner dans la trame de notre vie ce que Dieu attend de nous, afin
d'y répondre avec plus de générosité.
Cependant,
cet accompagnement spirituel demeure facultatif et ne fait pas partie
intégrante du sacrement. Les deux choses
ne sont pas à confondre. Si, dans la
plupart des cas, avec raison on les dissocie, on peut fort bien les harmoniser
dans la mesure où le prêtre auquel nous nous adressons est le même que celui
que nous avons choisi pour être notre accompagnateur spirituel. Puissent ces conseils nous inviter à
emprunter plus souvent ce chemin de vie
qu’est ce sacrement de la Miséricorde du Père, nous permettant de faire un petit pas
vers notre Sauveur et vers nos frères et sœurs. |
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